La coopération en pédagogie active


On entend généralement par coopération le fait de partager un travail.
En pédagogie active, ce terme prend un sens plus riche : il désigne l’activité conjointe des élèves, engagés dans la réalisation d’un projet choisi et utile à tous. L’objectif n’est pas seulement de terminer une tâche, mais de créer ensemble des connaissances et des pratiques sociales.

Coopération et climat de classe

La coopération ne se limite pas à une méthode d’organisation du travail : elle façonne aussi un climat relationnel. Dans une classe coopérative, on observe un environnement marqué par le respect mutuel, l’écoute, la solidarité et la responsabilité partagée. Ce climat s’oppose à la compétition, qui favorise la comparaison et la hiérarchisation des réussites individuelles.

Coopération, collaboration, entraide : des notions proches mais distinctes

Il est essentiel de distinguer la coopération d’autres formes de travail collectif :

  • L’entraide : un élève aide ponctuellement un autre à surmonter une difficulté. Exemple : un camarade explique à un pair une consigne mal comprise.

  • Le tutorat : un élève prend un rôle plus stable d’accompagnateur auprès d’un autre, parfois sur une période longue. Exemple : un élève « expert » accompagne un camarade dans l’utilisation d’un logiciel.

  • La collaboration : les élèves travaillent ensemble à une tâche, souvent pour plus d’efficacité, mais chacun garde son rôle. Exemple : répartir la rédaction d’un exposé en parties distinctes que l’on assemble ensuite.

  • La coopération : elle va plus loin. Les élèves construisent ensemble du sens et du savoir. Il ne s’agit pas seulement de « faire ensemble », mais de penser et apprendre ensemble, dans un véritable art de vivre collectif.

Les institutions de la classe coopérative

Certaines pratiques, comme le conseil coopératif, s’apparentent aux dispositifs de la démocratie participative : les élèves débattent, proposent, régulent la vie collective. Cependant, la coopération ne se limite pas à l’éducation citoyenne. Elle ne vise pas seulement à résoudre des conflits ou à négocier des intérêts divergents. Son objectif est plus large : élaborer en commun un art de vivre et de connaître, où la connaissance devient un bien partagé.

Un rapport transformé au savoir

En situation coopérative, chacun apprend pour soi et pour les autres. Chaque élève est reconnu comme auteur à part entière : ses idées, ses découvertes, ses formulations enrichissent le groupe. L’autre n’est plus seulement un camarade, mais une source de transformation personnelle : il m’influence, il me transforme, je me laisse altérer par lui.

Avec la coopération, on assiste à la mutualisation des forces de chacun, sans domination ni mise en compétition. Avec la dévolution radicale, et la prise en main, par la classe, des conditions de travail, s’installe un nouveau rapport, émancipateur, de production du savoir.

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