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Pourquoi certains élèves sont-ils naturellement engagés et curieux, tandis que d’autres décrochent ou résistent ? Pourquoi un enfant peut-il passer des heures à explorer un sujet qui le passionne en dehors de l’école, mais se montrer totalement désintéressé en classe ?
La motivation est au cœur de l’apprentissage, et pourtant, elle semble parfois s’éteindre dans le cadre scolaire. Faut-il conclure que certains élèves sont simplement "peu motivés" ? Les recherches en psychologie de l’éducation montrent au contraire que tous les enfants possèdent une motivation naturelle puissante – mais que celle-ci peut être freinée, voire éteinte, par certains éléments de leur environnement, tandis qu'il est au contraire possible de favoriser, de faire fleurir cette motivation.
Cette page propose d’explorer ce que la science nous apprend sur la motivation et ses mécanismes. En comprenant mieux pourquoi les élèves réagissent comme ils le font, il devient possible d’adapter certaines pratiques pour créer un climat à la fois plus stimulant et plus serein. Cette démarche ne vise pas seulement le bien-être des enfants : elle permet aussi aux enseignants de retrouver du sens et du plaisir dans leur métier, en réduisant les tensions et le découragement face au désengagement de certains élèves.
La motivation est souvent perçue comme étant soit intrinsèque, soit extrinsèque. On distingue généralement la "bonne" motivation intrinsèque, qui découle d'un alignement parfait avec nos aspirations profondes, de la "mauvaise" motivation extrinsèque, qui repose sur l'espoir d'une récompense ou la crainte d'une punition.
Selon la théorie de l'autodétermination (TAD, Ryan & Deci, 2017), il serait possible de voir la motivation comme un continuum, comme représenté sur l'image suivante :
Les différents types de motivation représentées sont détaillées ici avec des exemples :
Amotivation = sentiment de résignation.
Pour aller plus loin
La motivation des élèves ne repose pas uniquement sur leur volonté individuelle ; elle est également façonnée par l’environnement scolaire et les pratiques pédagogiques mises en place par les enseignants. Un enfant ne peut pas être pleinement engagé dans ses apprentissages si les conditions ne s’y prêtent pas. De leur côté, les enseignants ne peuvent pas porter seuls la responsabilité de la motivation de leurs élèves. Il s’agit donc d’une dynamique interactive, où chacun a un rôle à jouer.
Les élèves ont besoin de sentir qu’ils ont une part de contrôle sur leurs apprentissages, qu’ils peuvent explorer et s’investir dans des activités qui ont du sens pour eux. Lorsqu’ils perçoivent l’école comme un lieu où ils sont écoutés, où leurs intérêts sont pris en compte et où leurs efforts sont valorisés, leur engagement augmente naturellement.
Les enseignants, quant à eux, peuvent favoriser cet engagement en instaurant un climat de confiance et de respect, en donnant plus d’autonomie aux élèves et en adaptant leurs approches pédagogiques aux besoins et aux motivations de chacun. Cela ne signifie pas renoncer à toute structure ou exigence, mais plutôt trouver un équilibre entre guidance et liberté, entre cadre et flexibilité. En travaillant ensemble, élèves et enseignants peuvent créer un environnement d’apprentissage où la motivation ne dépend pas d’incitations extérieures, mais émerge d’un véritable intérêt pour la découverte et la compréhension du monde.
Pour aller plus loin
Plutôt que de pousser les élèves à s’intéresser, il est plus efficace de lever les freins qui étouffent leur motivation naturelle : donner du sens, partir de leurs intérêts, laisser plus de pouvoir aux élèves sur ce qu'ils apprennent. Ce changement réduit la charge mentale de l’enseignant et transforme la dynamique de classe. Certes, avec un grand groupe, ce n’est pas simple, mais cela est possible car d'autres l'ont déjà fait lien vers des vidéos ? !
Pour qu’une activité pédagogique soit motivante, Rolland Viau recommande de respecter plusieurs conditions essentielles :
En appliquant ces principes, l’enseignant crée un environnement propice à l’engagement et à la motivation des élèves.
Pour aller plus loin
Grégory Delboé, dans ses travaux présentés au congrès AGEEM 2010, propose d'enrichir le concept de motivation par celui de mobilisation : avant d’être motivé, un élève doit d’abord être mobilisé.
Un élève ne peut pas être motivé sur commande, il ne s'agit pas de pousser les élèves à agir, mais de leur permettre de réunir les conditions pour qu'ils trouvent du sens à leur engagement, c'est-à-dire de se mobiliser. Mobiliser, c'est engager activement l'élève en alignant ses intérêts avec les attentes du groupe classe.
Un élève peut s’engager dans un apprentissage même sans motivation immédiate pour le contenu. Le rôle de l’enseignant est alors essentiel : créer des conditions propices à l’intérêt et à l’implication, en donnant du sens au travail et en soutenant cette dynamique dans le temps.
Cinq étapes pour apprendre
Delboé propose un modèle en cinq étapes (Gilles Bui-Xuan, 1994), qui permet d’adapter les activités aux besoins des élèves :
Émotionnelle : découverte et appropriation.
Fonctionnelle : comprendre "comment ça marche".
Technique : apprendre à faire efficacement.
Contextuelle : adapter ses connaissances.
D'Expertise : innover et approfondir.
Si un élève bloque, c’est peut-être parce qu’il n’est pas encore prêt pour l’étape suivante. Identifier où il en est permet d’ajuster l’accompagnement.
Plus de détails sur ce document, page 8
Delboé propose un outil simple pour aider les élèves à prendre conscience de leur rapport aux tâches : l’estimomètre. Inspiré des échelles de douleur utilisées en médecine, il fonctionne avec des smileys et permet aux élèves d’exprimer leurs ressentis avant, pendant et après une activité.
L’objectif n'est pas d’évaluer leur performance, mais de les aider à mieux comprendre leurs émotions et leur perception d’eux-mêmes. L’estime de soi ne reflète pas toujours la réalité : il est crucial de montrer aux élèves que ce qu’ils font ne définit pas ce qu’ils sont.
Téléchargez l'estimomètre !
Voici quelques leviers concrets pour les enseignants :
Adapter les tâches : proposer des activités adaptées au niveau de chaque élève, varier les approches, ne pas se focaliser uniquement sur la performance.
Valoriser les progrès : montrer aux élèves leur évolution à travers des traces de leurs travaux, plutôt que de les comparer entre eux.
Offrir des choix : permettre aux élèves de décider certains aspects de leur travail pour renforcer leur engagement.
Créer un climat sécurisant : faire en sorte que l’erreur soit perçue comme une étape normale de l’apprentissage.
Développer l’empathie : utiliser des outils comme l’estimomètre pour mieux comprendre les ressentis des élèves et ajuster son accompagnement.
Toutes ces informations peuvent sembler denses et difficiles à appliquer concrètement. Pourtant, de nombreux enseignants ont déjà mis en pratique ces principes avec succès ! Pour vous inspirer, vous pouvez découvrir des témoignages et des exemples concrets en vidéo ici.
Si vous souhaitez aller plus loin, les différentes pédagogies alternatives offrent des approches qui intègrent ces considérations théoriques dans des pratiques de classe concrètes. Vous pouvez explorer ces pédagogies et voir comment elles peuvent enrichir votre propre enseignement ici.
Bien sûr, tout n'est pas toujours directement transposable au cadre scolaire classique, et des obstacles peuvent se présenter. Mais il est possible d’adapter certaines idées et de trouver des leviers d’action. Pour découvrir des pistes et des stratégies pour dépasser ces défis, consultez cette page dédiée.
Théories de la motivation
Comprendre la motivation pour mieux accompagner les enfants
Pourquoi certains élèves sont-ils naturellement engagés et curieux, tandis que d’autres décrochent ou résistent ? Pourquoi un enfant peut-il passer des heures à explorer un sujet qui le passionne en dehors de l’école, mais se montrer totalement désintéressé en classe ?
La motivation est au cœur de l’apprentissage, et pourtant, elle semble parfois s’éteindre dans le cadre scolaire. Faut-il conclure que certains élèves sont simplement "peu motivés" ? Les recherches en psychologie de l’éducation montrent au contraire que tous les enfants possèdent une motivation naturelle puissante – mais que celle-ci peut être freinée, voire éteinte, par certains éléments de leur environnement, tandis qu'il est au contraire possible de favoriser, de faire fleurir cette motivation.
Cette page propose d’explorer ce que la science nous apprend sur la motivation et ses mécanismes. En comprenant mieux pourquoi les élèves réagissent comme ils le font, il devient possible d’adapter certaines pratiques pour créer un climat à la fois plus stimulant et plus serein. Cette démarche ne vise pas seulement le bien-être des enfants : elle permet aussi aux enseignants de retrouver du sens et du plaisir dans leur métier, en réduisant les tensions et le découragement face au désengagement de certains élèves.
Dépasser l'idée reçue d'une dichotomie motivation intrinsèque/motivation extrinsèque
La motivation est souvent perçue comme étant soit intrinsèque, soit extrinsèque. On distingue généralement la "bonne" motivation intrinsèque, qui découle d'un alignement parfait avec nos aspirations profondes, de la "mauvaise" motivation extrinsèque, qui repose sur l'espoir d'une récompense ou la crainte d'une punition.
Selon la théorie de l'autodétermination (TAD, Ryan & Deci, 2017), il serait possible de voir la motivation comme un continuum, comme représenté sur l'image suivante :
Les différents types de motivation représentées sont détaillées ici avec des exemples :
Amotivation = sentiment de résignation.
- - Exemple : “Je ne sais pas pourquoi je vais à l’école, si je pouvais je n’irais pas.”
- - Exemple : “Je viens à l’école pour éviter les punitions en cas d’absentéisme.”
- - Exemple : “je vais à l’école pour faire plaisir à mes parents, pour ne pas les décevoir.”
- - Exemple : “Je viens à l’école parce que c’est utile pour mon avenir.”
- - Exemple : “Je vais à l’école parce que c’est important pour moi.”
- - Exemple : “Je vais à l’école parce que j’aime bien apprendre, c’est intéressant.”
Pour aller plus loin
Une responsabilité partagée entre élèves et enseignants
La motivation des élèves ne repose pas uniquement sur leur volonté individuelle ; elle est également façonnée par l’environnement scolaire et les pratiques pédagogiques mises en place par les enseignants. Un enfant ne peut pas être pleinement engagé dans ses apprentissages si les conditions ne s’y prêtent pas. De leur côté, les enseignants ne peuvent pas porter seuls la responsabilité de la motivation de leurs élèves. Il s’agit donc d’une dynamique interactive, où chacun a un rôle à jouer.
Les élèves ont besoin de sentir qu’ils ont une part de contrôle sur leurs apprentissages, qu’ils peuvent explorer et s’investir dans des activités qui ont du sens pour eux. Lorsqu’ils perçoivent l’école comme un lieu où ils sont écoutés, où leurs intérêts sont pris en compte et où leurs efforts sont valorisés, leur engagement augmente naturellement.
Les enseignants, quant à eux, peuvent favoriser cet engagement en instaurant un climat de confiance et de respect, en donnant plus d’autonomie aux élèves et en adaptant leurs approches pédagogiques aux besoins et aux motivations de chacun. Cela ne signifie pas renoncer à toute structure ou exigence, mais plutôt trouver un équilibre entre guidance et liberté, entre cadre et flexibilité. En travaillant ensemble, élèves et enseignants peuvent créer un environnement d’apprentissage où la motivation ne dépend pas d’incitations extérieures, mais émerge d’un véritable intérêt pour la découverte et la compréhension du monde.
Pour aller plus loin
Comment permettre à la motivation de s'exprimer pleinement
La motivation ne se force pas, elle se libère. Quand un élève ne voit ni l’intérêt ni le sens d’un apprentissage, sa motivation s’éteint. Tenter de la stimuler artificiellement (récompenses, sanctions, "activités ludiques") demande une énergie considérable pour un effet souvent limité.Plutôt que de pousser les élèves à s’intéresser, il est plus efficace de lever les freins qui étouffent leur motivation naturelle : donner du sens, partir de leurs intérêts, laisser plus de pouvoir aux élèves sur ce qu'ils apprennent. Ce changement réduit la charge mentale de l’enseignant et transforme la dynamique de classe. Certes, avec un grand groupe, ce n’est pas simple, mais cela est possible car d'autres l'ont déjà fait lien vers des vidéos ? !
Pour qu’une activité pédagogique soit motivante, Rolland Viau recommande de respecter plusieurs conditions essentielles :
- Fixer un cadre clair : donner des consignes précises et définir des objectifs explicites pour que l’élève sache exactement ce qui est attendu de lui.
- Contextualiser l’apprentissage : montrer l’utilité concrète de l’activité en la reliant au quotidien et en l’illustrant par des exemples pertinents.
- Varier les approches : utiliser différents supports et méthodes d’enseignement pour maintenir l’intérêt des élèves.
- Favoriser les liens entre disciplines : créer des passerelles entre les activités pour enrichir l’apprentissage (interdisciplinarité).
- Proposer un défi adapté : concevoir une tâche stimulante, ni trop simple, ni trop complexe, pour encourager l’engagement cognitif.
- Encourager la collaboration : organiser l’espace et les interactions pour favoriser le travail collectif.
- Offrir des choix : laisser les élèves décider de certains aspects du travail (thème, échéancier, mode de restitution, composition des groupes, etc.).
- Clôturer efficacement : conclure en mettant en avant les points essentiels à retenir.
En appliquant ces principes, l’enseignant crée un environnement propice à l’engagement et à la motivation des élèves.
Pour aller plus loin
De la mobilisation à la motivation : aider les élèves à persévérer
Grégory Delboé, dans ses travaux présentés au congrès AGEEM 2010, propose d'enrichir le concept de motivation par celui de mobilisation : avant d’être motivé, un élève doit d’abord être mobilisé.
Mobiliser, c’est mettre en mouvement
Un élève ne peut pas être motivé sur commande, il ne s'agit pas de pousser les élèves à agir, mais de leur permettre de réunir les conditions pour qu'ils trouvent du sens à leur engagement, c'est-à-dire de se mobiliser. Mobiliser, c'est engager activement l'élève en alignant ses intérêts avec les attentes du groupe classe.
Un élève peut s’engager dans un apprentissage même sans motivation immédiate pour le contenu. Le rôle de l’enseignant est alors essentiel : créer des conditions propices à l’intérêt et à l’implication, en donnant du sens au travail et en soutenant cette dynamique dans le temps.
Cinq étapes pour apprendre
Delboé propose un modèle en cinq étapes (Gilles Bui-Xuan, 1994), qui permet d’adapter les activités aux besoins des élèves :
Émotionnelle : découverte et appropriation.
Fonctionnelle : comprendre "comment ça marche".
Technique : apprendre à faire efficacement.
Contextuelle : adapter ses connaissances.
D'Expertise : innover et approfondir.
Si un élève bloque, c’est peut-être parce qu’il n’est pas encore prêt pour l’étape suivante. Identifier où il en est permet d’ajuster l’accompagnement.
Plus de détails sur ce document, page 8
L'estimomètre : un outil pour mieux comprendre les élèves
Delboé propose un outil simple pour aider les élèves à prendre conscience de leur rapport aux tâches : l’estimomètre. Inspiré des échelles de douleur utilisées en médecine, il fonctionne avec des smileys et permet aux élèves d’exprimer leurs ressentis avant, pendant et après une activité.
L’objectif n'est pas d’évaluer leur performance, mais de les aider à mieux comprendre leurs émotions et leur perception d’eux-mêmes. L’estime de soi ne reflète pas toujours la réalité : il est crucial de montrer aux élèves que ce qu’ils font ne définit pas ce qu’ils sont.
Téléchargez l'estimomètre !
Comment favoriser la mobilisation et une estime de soi positive ?
Voici quelques leviers concrets pour les enseignants :
Adapter les tâches : proposer des activités adaptées au niveau de chaque élève, varier les approches, ne pas se focaliser uniquement sur la performance.
Valoriser les progrès : montrer aux élèves leur évolution à travers des traces de leurs travaux, plutôt que de les comparer entre eux.
Offrir des choix : permettre aux élèves de décider certains aspects de leur travail pour renforcer leur engagement.
Créer un climat sécurisant : faire en sorte que l’erreur soit perçue comme une étape normale de l’apprentissage.
Développer l’empathie : utiliser des outils comme l’estimomètre pour mieux comprendre les ressentis des élèves et ajuster son accompagnement.
Et maintenant ?
Toutes ces informations peuvent sembler denses et difficiles à appliquer concrètement. Pourtant, de nombreux enseignants ont déjà mis en pratique ces principes avec succès ! Pour vous inspirer, vous pouvez découvrir des témoignages et des exemples concrets en vidéo ici.
Si vous souhaitez aller plus loin, les différentes pédagogies alternatives offrent des approches qui intègrent ces considérations théoriques dans des pratiques de classe concrètes. Vous pouvez explorer ces pédagogies et voir comment elles peuvent enrichir votre propre enseignement ici.
Bien sûr, tout n'est pas toujours directement transposable au cadre scolaire classique, et des obstacles peuvent se présenter. Mais il est possible d’adapter certaines idées et de trouver des leviers d’action. Pour découvrir des pistes et des stratégies pour dépasser ces défis, consultez cette page dédiée.

