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Activité 1  - Expression – Faire le point sur sa pratique


Intention
Avant de se lancer dans l'école du dehors, il est utile de faire un pas de côté et d'explorer son propre rapport à la nature — au risque, au fait de se salir, aux animaux, à l'imprévu. Cette activité réflexive vise à faire émerger vos appuis positifs et vos freins, pour pouvoir les travailler en conscience, sans jugement.

A. Partir du positif : souvenirs et résonances


Objectif : vous reconnecter à des expériences joyeuses en lien avec le dehors, pour les utiliser comme moteur et comme boussole pour la suite.

Consignes
Prenez 5 à 10 minutes pour répondre à une ou plusieurs de ces questions, par écrit ou à l'oral :
« Quelles activités en nature aimiez-vous faire enfant ? »
« Rappelez-vous un souvenir heureux dehors. Que se passait-il ? Où étiez-vous ? Avec qui ? Qu'est-ce qui rendait ce moment précieux ? »
« Quel endroit précis à l'extérieur vous a marqué, laissé un sentiment positif ? »
« Quel rôle jouaient les adultes dans ces bons souvenirs — présents, en retrait, accompagnants, rassurants, discrets… ? »

Puis relisez ce que vous avez écrit et soulignez les ingrédients qui font la qualité de ces moments : liberté, temps long, exploration, jeu, solitude, lien sensoriel, confiance, entre pairs…

Terminez par cette question de projection : « Parmi ces ingrédients, lesquels avez-vous le plus envie d'offrir aux enfants dont vous avez la responsabilité ? »

🔄 Et avec vos élèves ?
Cette même démarche — partir du vécu positif avant d'introduire quelque chose de nouveau — est un puissant levier pédagogique. Avant une sortie, demander aux enfants « C'est quoi votre meilleur souvenir dehors ? Où étiez-vous ? » active leur désir et leur confiance, bien avant que vous ayez dit quoi que ce soit sur l'activité et ça change tout à leur engagement.


B. Explorer ses freins


Objectif : identifier vos peurs pour distinguer ce qui est réellement bloquant de ce qui peut évoluer et ainsi clarifier jusqu’où vous vous sentez prêt·e à aller.

Consignes
Prenez un temps de réflexion : « À l'idée d'enseigner dehors, dans quelles situations ne me sentirais-je pas du tout en sécurité ou légitime ? » Notez ce qui vous vient spontanément.

Puis accordez-vous un moment d'imagination : si vous aviez une baguette magique, qu'est-ce qui changerait pour que vous vous sentiez pleinement à l'aise ? Notez tout ce qui vous vient, sans filtre — même ce qui semble irréaliste.

Puis revenez à la réalité et triez vos réponses en trois zones :
  • Ma zone de confort : ce que je fais déjà sans difficulté (sortir dans la cour, observer les fourmis, etc.) — ce sont mes appuis, notez-les !
  • Ma zone de développement : ce qui me fait encore un peu peur, me met mal à l'aise ou que je ne maîtrise pas, mais sur lequel je pourrais progresser avec de l'information, de la pratique ou du soutien (ex. : me former aux gestes de premiers secours, apprendre à identifier quelques plantes, trouver un·e collègue avec qui sortir). C'est ici que la formation peut vous aider.
  • Ma zone de non-franchissement : ce qui dépasse mes limites personnelles profondes, ce sur quoi je n’ai pas de prise ou de contrôle. Cela peut concerner des situations liées à des expériences marquantes, à des peurs ancrées ou à des éléments que je ne me sens pas prêt·e à affronter. En prendre conscience, c’est déjà faire preuve de lucidité et de bienveillance envers soi-même.

💡 Cette démarche rejoint ce que Vygotski appelle la Zone Proximale de Développement: la zone entre ce qu'on sait déjà faire seul·e et ce qu'on peut apprendre avec un appui. C'est exactement là que la formation a le plus d'effet — et c'est aussi ce que vous ferez avec vos élèves dehors.

L'objectif n'est pas de tout surmonter, mais de savoir où vous en êtes pour avancer à votre rythme, en conscience — et décider librement jusqu'où vous avez envie d'aller.

🔄 Et avec vos élèves ?
Ce même outil est directement transposable en classe dehors. Chaque enfant a lui aussi sa zone de confort (grimper à un arbre qu'il connaît), sa zone de développement (s'approcher d'un insecte qui lui fait un peu peur), et ses limites à respecter. Votre rôle ne sera pas de pousser tous les enfants au même endroit, mais de repérer où chacun en est — et de créer les conditions pour qu'il avance d'un petit pas, à son rythme, en sécurité affective.





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